Renée Bossaert est née à quelques kilomètres de la frontière belge, du côté francais. En avril 45.
  Dans ce plat pays, terre d’ouvriers et d’anciens mineurs, la lumière y est très particulière. Aussi, le pays regorge-t-il de peintres et surtout, surtout,
  de sculpteurs.
  Une formation aux Beaux-Arts de Lille, une vie créative et dense a la suite, avec le groupe d’artistes alors très influent, « L’Atelier de la Monnaie ».
  Renée Bossaert quitte le nord et s’installe à Paris au début des années 70, pour entrer à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris.
  Etudiante puis, très rapidement, enseignante jusqu’en 2010.

Renée Bossaert a une prédilection pour les sculptures en bas-reliefs et l’espace.

  Cette nouvelle série de papiers collés traduit bien cette envie, ce besoin chez l’artiste, de réunir des plans entre eux et de les faire vivre.
  Comment un plan entraîne-t-il la chute de son camarade ? Comment peut-on, tenter le tout pour le tout et rétablir une assise ? Et comment,
  dans un dernier élan, redéfinir entièrement le volume jusqu’à lui offrir un équilibre juste et pertinent ?
  Cette série de collages est d’autant plus intéressante qu’elle est en papier et traduit pourtant une sensation de volume.
  Un fond blanc d’une part, qui détache trés bien son sujet et lui offre l’illusion douce qu’on pourrait saisir à pleine main le « papier volume » et participer
  en quelque sorte, au « puzzle ».
  Il est facile de se laisser prendre au jeu : et si je tordais cet angle ? Et si je l’empoignais ? Et si je l’ecrasais ? Etc..

  La série que propose ici Renée Bossaert est un jeu sans fin : un collage en entraînant un autre, un ping-pong longue durée.

  Car il n’est pas à douter que Renée Bossaert détient là, entre ses mains de sculpteur, un trésor. En un mot, un bonheur de Création.
  À suivre !